Comment l’environnement contribue-t-il à la diffusion de la résistance aux antibiotiques ? C’est la question au cœur d’un nouvel article publié dans Médecine/Sciences, intitulé « Contribution de l’environnement à la dissémination de la résistance aux antibiotiques ». Publié par Yolanda Elisabet Gonzalez-Flores, Didier Hocquet et Christophe Dagot, l’article analyse le rôle des sols et des eaux dans la circulation des résistances bactériennes.
Si l’antibiorésistance est un phénomène naturel ancien, les activités humaines contribuent aujourd’hui à son amplification. L’environnement peut ainsi constituer à la fois un réservoir, un lieu d’amplification et un vecteur de gènes de résistance. La présence d’antibiotiques, mais aussi de métaux lourds ou de biocides dans les milieux naturels, peut favoriser la sélection et la diffusion de ces résistances.
Les auteurs soulignent également les limites actuelles de la surveillance environnementale : les données disponibles à l’échelle internationale restent encore peu nombreuses et hétérogènes. L’harmonisation des méthodes d’échantillonnage et d’analyse apparaît donc essentielle pour pouvoir comparer les situations entre territoires et mieux comprendre les mécanismes de dissémination.
Cette publication met également en lumière le travail collectif porté par PROMISE, dont les auteurs sont membres. À travers notamment le réseau AMR-Env, développé au sein du méta-réseau, PROMISE contribue à structurer la recherche et la surveillance de l’antibiorésistance dans l’environnement, en favorisant le partage d’expertise et l’harmonisation des approches.
Cette publication illustre ainsi concrètement l’intérêt d’une approche collective et intersectorielle : mieux comprendre l’antibiorésistance dans l’environnement pour mieux anticiper et limiter sa diffusion entre les écosystèmes, les animaux et les populations humaines.
